Relation Homme - chien

Je tenais tellement à faire ce dossier, qu’à présent, je ne sais même plus par où le saisir. J’ai simplement trop d’arguments, à tel point que j’ai le sentiment du “ça suffit, n’en jetez plus”. J’avais pensé en faire de longues listes bien détaillées, mais j’ai peur que cela ne soit pas des plus pertinent. Alors je suppose qu’il serait tout à fait correct de vous expliquer ma démarche et les arguments que j’ai croisé, ce que j’ai observé, ce que j’en ai conclu. J’espère que ce dossier sera agréable à lire et accessible à tous. Commençons.

Sommaire :
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Partie 1 :
la hiérarchie, le leadership, la balance des interactions

Partie 2 :
les causes de l’obéissance, la maîtrise du chien, l’alpha rolls

Partie 3 : anciens articles
- Relation Homme - chien
- Idée reçue : Théorie de la dominance
- Le chien et le loup


Partie 1 : la hiérarchie, le leadership, la balance des interactions

Quand j’étais enfant, il me paraissait évident qu’il existait une hiérarchie entre l’Homme et le chien. Je croyais qu’il fallait que le chien respecte l’Homme pour que tout se passe correctement et que chaque personne devait maîtriser le moindre mouvement de son chien. Je ne sais pas si ces idées viennent de ma famille ou si elles sont largement véhiculées à travers les différents médias. A cette époque, j’essayais d’éduquer un Berger Allemand qui répondait au doux nom de Black et qui appartenait à ma grand-mère. Je lui montrais mon doigt, pour faire preuve d’autorité et je disais l’ordre aussi fermement que possible avant d’exploser de joie s’il venait à obéir.
Ce chien posait un certain nombre de problèmes de comportement, qui se sont aggravés. Je pense que l’éducation coercitive qui a été tentée par des professionnels avec lui a été particulièrement dévastatrice puisqu’il a commencé à s’auto-défendre. J’étais encore toute petite lorsqu’on m’a expliqué qu’il devait être euthanasié parce qu’il était trop dangereux. Cette expérience terrible m’a amené, plus tard, à remettre beaucoup de chose en cause. La seule question était : à l’heure actuelle, des clients m'appelleraient pour un chien comme Black, est-ce que l’euthanasie serait la seule solution possible ? Je pense qu’avec une vision du chien devant se soumettre à l’Homme, ce serait la seule alternative au bout d’un certain temps. Cependant, l’obéissance et la relation ne sont pas régies par cette structure rigide qu’est la hiérarchie. Cela je l’ai découvert bien plus tard.

J’ai eu diverses expériences avec des chiens, sans que ma vision change : nous nous devons de maîtriser notre chien et de nous faire respecter de lui. Avec Filou, un petit Yorshire, je me suis aperçue que les choses n’étaient pas tout à fait aussi simple que ça. Puis, j’ai eu envie de travailler auprès des animaux. Enfant déjà, cela m’attirait, puis à un moment, j’ai vu l’opportunité de changer de voie pour me former dans un milieu canin. Seulement, étant pointilleuse, j’ai pensé qu’il était important de se renseigner avant de choisir une formation.

A ce moment là, je me suis aperçue qu’il y avait un certain clivage entre les différentes formations que ce soit d’éducation canine ou de comportement canin. D’un côté les personnes croyant à l'existence de la hiérarchie entre les Hommes et les chiens [1][2] et de l’autre, les personnes ne croyant pas à cette hiérarchie [3][4]. J’ai remarqué alors que les méthodes éducatives changeaient globalement en fonction de la vision du chien.

Ma première réaction a été de faire une drôle de tête en me disant : pas de hiérarchie Homme chien ? Mais alors, pourquoi ils obéissent, si ce n’est pas par respect pour nous ? Et comme je suis curieuse, j’ai commencé les recherches. Je ne sais plus trop jusqu’à quel point, j’ai fouillé les articles à l’époque, mais j’ai fini par trouver des articles relatant des expériences scientifiques expliquant qu’au sein même des populations de chiens revenus à l’état naturel (tel que les chiens féraux), la structure sociale observée n’était pas celle de la hiérarchie linéaire classique.

Pour expliquer ce type de hiérarchie, en général, on emploie le modèle du loup et on le “dessine de cette façon” :


Hiérarchie et observations personnelles


J’ai noté en plus sur le schéma, mes premières observations personnelles sur le chien domestique, qui correspond davantage à celle des chiens féraux. C’est beaucoup moins bien organisé qu’une hiérarchie linéaire et beaucoup plus avantageux pour chaque membre. Je pense qu’avec les observations scientifiques, sur les chiens féraux, c’est l’une des choses qui m’a le plus marqué. Pourquoi un être vivant accepterait de vivre dans une structure contraignante où il doit obéir, où il doit passer son tour ou même pire pour le fameux “oméga”, véritable souffre-douleur ? Si chaque membre de la “meute” accepte cette vie, c’est qu’elle a un intérêt. Alors peut-être que les loups n’ont pas le choix ? Il ne supporte peut-être pas la solitude ? Ça a été ma première théorie, très vite démontée par les relevés qui montrent de nombreux loups solitaires et de couples (sur 31 zones de populations permanentes du loup, 10 n’ont pas constituées de meutes). [5] Ma seconde approche a donc été de me dire qu’ils devaient y trouver un autre intérêt tel que de la nourriture plus abondante, de la protection, de contact sociaux … Autrement dit que pour accepter la contrainte, pour accepter d’obéir, il faut être plus ou moins conciliant et avoir un “salaire” à la hauteur de la tâche.

Cette vision là, qui me parait se cacher derrière des rapports dit hiérarchiques (que ce soit chez l’humain ou chez le chien), m’a amené à reconsidérer bien des choses. S’il suffit d’un “salaire”, d’une motivation pour obtenir “respect” et “obéissance”, il n’y a pas à se montrer dur ou à chercher à prendre le pouvoir. Je suis humaine, c’est moi qui achète les friandises, c’est moi qui suit en possession de la ressource. Je suis en “position de force”, si je puis dire.

Entre les différents articles, les arguments logiques et mes premières observations, j’étais bien davantage séduite par cette approche qui offrait bien des libertés. Si l’Homme et le chien fonctionne en hiérarchie, pour asseoir sa position, l’Homme doit obéir à toute une série de règle bien précise (ne pas passer les portes derrières son chien, ne pas le laisser monter sur le canapé, ne pas le laisser demander de caresses ou de moment de jeu, ne pas manger après lui, …). C’est presque ironique à tel point en bon dominant, l’Homme doit se plier, obéir, frémir d’anticipation à l’idée que son chien renverse le pouvoir … car il y a toujours cette menace, cette épée de Damoclès : si on ne sait pas tenir sa place, le chien va développer des “troubles de la hiérarchie”, des “agressions hiérarchiques”, … Mais en observant les personnes qui ne voulaient pas entendre parler de hiérarchie, je ne voyais ni trou dans leurs bras, ni bleu mais beaucoup de complicité avec leurs chiens. Les épées de Damoclès que l’on m’avait appris à craindre petite fille ne tombaient visiblement pas.

J’ai débuté une formation qui n’a fait que confirmer et affiner ce premier regard sur le chien. J’ai étudié, j’ai été diplômée, puis j’ai repris mes recherches. Un article par semaine plus des recherches variées, sur tout un tas de sujets différents. A ce moment là, je commençais à pouvoir faire des observations plus pointues et je tentais de remettre en cause tout ce que j’avais appris. Prendre à contre-pied m’aide à vérifier les failles de mes raisonnements, à les améliorer ou, finalement, à en changer. Alors, pourquoi n’y aurait-il pas une hiérarchie entre chien ?

C’est à cette période là, que j’ai pu observé en quelques minutes un condensé de ce qu’est devenu la dominance pour moi. J’étais dans mon jardin, entrain de jouer avec mon chien, Fenris, un chien de passage que je surnommerai “Jack” à cause de son type “Jack Russel”. Je lançais un ballon, un frisbee et parfois des bâtons lorsque je me suis rendue compte d’un “accro” dans la course de Fenris. Fenris n’est pas du tout mauvais à la course pour un chien de sa taille. Il battait très largement Jack, de plusieurs mètres et ceux à chaque lancé. Pourtant, Jack attrapait toujours le ballon. Fenris courait à tout allure, ralentissait, lançait Jack le dépasser et attraper le ballon.

Nous avons donc une ressource “le ballon” et un conflit potentiel : Fenris VS Jack et Fenris laissait Jack gagner. J’aurais pu dire “Fenris se soumet à Jack en lui laissant le ballon”.

Lorsque j’envoyais le frisbee, Fenris courait, Jack courait, Fenris attrapait le frisbee et Jack restait à quelques mètres sans chercher à le prendre. Nous avons donc une autre ressource “le frisbee” et un conflit potentiel : Fenris VS Jack. Et Fenris gagne ce conflit. Il le gagne quelques minutes après avoir laissé Jack obtenir le ballon.

Jack est resté quelques jours à la maison. Le “rapport de force” n’a pas évoluer. Le ballon pour Jack. Le frisbee pour Fenris. Deux ressources de “jeu”. J’ai pu observer une espèce de compromis.


Rapport de force variant en fonction des ressources en jeu


Depuis d’autres chiens sont venus à la maison et le frisbee a toujours la même valeur aux yeux de Fenris, qui cède bâtons, ballons et autres jouets sans difficultés. Pour moi, c’est devenu exactement ce qu’est la dominance : une capacité à s’affirmer. J’ai essayé de faire un parallèle humain, pour mieux comprendre, et j’ai pensé au chef d’entreprise. Il peut diriger des centaines de personnes, se montrer très dur, si un client arrive, il est au petit soin, il se soumet à lui parce que le client apporte la ressource que l’homme désire : de l’argent. Ça ne remet pas en cause sa capacité de gestion de son entreprise ou son mauvais caractère habituel. Les compromis, le fait d’obéir, n’importe quel individu est capable de le faire. Seulement, il y en a pour qui c’est plus difficile. Mais nous pouvons prendre l’exemple inverse, une personne très douce, qui aura tendance à dire oui à tout sera tout à fait capable de s’affirmer, de prendre des décisions si elle est poussée dans ses retranchements.

A ce moment là, j’avais remis en question le fondement même d’une hiérarchie entre chiens. Comment imaginer une hiérarchie entre Homme et chien dans de tel condition ? Ce type de hiérarchie inter-spécifique avait un autre soucis : la communication.

Je ne sais pas vous, personnellement, je n’aboie pas, je ne grogne pas, je ne renifle pas les fesses des personnes pour découvrir qui elles sont, je n’halète pas, je ne me lèche pas les lèvres quand je suis stressée … Je ne communique pas comme un chien. En jouant avec certains signaux, je m’approche légèrement de leur mode de compréhension, mais ce n’est qu’une esquisse de communication. La vérité, c’est que nous ne vivons pas dans le même monde. Si mon chien s’arrête devant une herbe, je suis incapable d’expliquer grâce à mes sens, pourquoi celle-ci et pas celle juste après. J’ai suffisamment de compréhension pour pouvoir le deviner, après coup, mais je ne pourrais pas prédire sur quel herbe il va s’arrêter. Mes sens ne sont pas suffisamment adaptés à cette recherche là.

Comment offrir un “salaire” adapté a une vie de soumission lorsque l’on est incapable de comprendre intimement les besoins de l’autre ? Je pense que même si le chien fonctionnait avec une hiérarchie, ce ne serait pas possible. Alors en observant l’absence de hiérarchie, ma conclusion n’en est que plus ferme.

Une fois de multiples petites recherches, tournant autour de la hiérarchie et des idées qu’elle véhicule, je me suis finalement posée une autre question. L’absence de modèle sur lequel s’appuyer pour observer la relation Homme-chien ne me dérange pas, mais pourquoi autant de personnes voient-elles une hiérarchie ? Ce qui met le mot hiérarchie dans leurs bouches, c’est de voir les chiens obéir, suivre un meneur, se laisser guider … Si le “meneur” n’est pas le “chef”, qu’est-il ? Quel modèle pourrait-il y avoir, s’il devait y en avoir un ?

Leadership. C’est le premier modèle que j’ai croisé, je voyais des phrases du style : “Ne soyez pas un chef de meute, soyez un leader”. Mais concrètement, je ne voyais pas de grande différence en dehors du vocabulaire. J’avais toujours cette impression de durabilité dans le temps et d’une espèce de position de force. J’ai lu des articles expliquant qu’il fallait contrôler les ressources, inhiber les comportements, que le chien sente de part notre statut de leader que nous lui sommes supérieur … Bref, rien de bien nouveau, le leader est alors présenté comme un chef de meute, qui ne commet pas les gestes les plus risqués conseillés² habituellement pour devenir le chef de meute (alpha roll par exemple). Et surtout, j’ai croisé quelques choses qui me dérange au plus haut point : la confusion entre l’obéissance et la relation. Je peux avoir un chien bien dans ses pattes, agréable à vivre et qui tire en laisse pour une multitude de raison qui n’ont rien à voir avec “le manque de respect pour le leader”. 6

Prenons un exemple tout bête, Fenris était un chiot compliqué à gérer en ville car souvent méfiant et apeuré par les nouveautés. Nous avions croisé des scooters, garés sur les parkings. Il connaissait et passait à côté sans soucis. Un jour, nous avons croisé un scooter garé sur le trottoir situation inédite et hautement stressante pour lui. Nous avons passés moment pour qu’il apprivoise cette nouvelle situation et accepte de marcher jusqu’au scooter, puis lorsqu’il l’a doublé, il a avancé beaucoup plus vite et a tiré sur sa laisse. Il cherchait à fuir la zone. Est-ce par manque de respect pour moi ? Le chien a un univers propre qui ne gravite pas totalement autour de son maître et heureusement, sinon, la nourriture, les autres chiens, plus rien n’aurait d’intérêt et le chien ne serait qu’une coquille vide.

Et si nous prenions le cas d’un chiot … sans éducation. Est-ce qu’une relation n’est pas déjà entrain de naître ? L’éducation est un contact que l’on a avec son chien, il peut renforcer ou détériorer notre relation, mais la relation Homme-chien ne se réduit pas à cette simple question : le chien obéit-il ?

Je regardais donc le leadership totalement désabusée lorsque j’ai lu autre chose. Je ne sais pas si je vais retrouver l’article en question, mais de mémoire, il expliquait que le leadership peut se résumé à un mouvement. Lorsque un individu décide d’aller boire, l’action qu’il vient de choisir peut séduire et motiver d’autres individus. Le premier individu influence le groupe. Ça ne signifie pas que ce moment clé définie un statut social, il n’est pas le “leader” à tout jamais, il l’est au moment X ou Y. Certains individus peuvent avoir tendance à débuter les mouvements, influencer facilement un groupe, mais cela s’arrête à une espèce de “charisme” naturel.

Ce qui m’a beaucoup marqué dans cet article, c’est qu’ils parlaient de groupe de singe, d’espèces différentes et sensibles au leadership que cela vienne de leur espèce ou de l’autre espèce. La limite du statut social, jamais observé entre deux espèces différentes, n’est donc pas valable pour ce principe. En réfléchissant un peu, effectivement, si je sors de chez moi, mes chiens me suivent. Je propose une activité et s’ils sont motivés, ils participent joyeusement. S’ils ne sont pas motivés, ils proposent une autre activité que je peux suivre ou non. Il n’y a aucun rapport de force dans ce type d’interaction. Je crois que c’est ce que j’apprécie le plus.

Cependant, je crois qu’il faut rester très prudent. Ce modèle n’a pas été validé entre l’Homme et le chien par des observations scientifiques. Je ne pense pas que l’on puisse s’appuyer fermement dessus, tout ce que je vois c’est qu’il peut décrire une relation sans violence et que c’est la relation que je désire avec mes chiens. C’est également un modèle très facile a accorder avec une autre donnée, le chien est un animal opportuniste ...


Choix de l'opportunité la plus attrayante




Un autre modèle est proposé “la balance des interactions positive, neutre et négative”. Je l’ai compris comme une grande et belle addition de nos interactions avec le chien qui permet de quantifier notre bonne ou notre mauvaise relation. J’y reste beaucoup plus dubitative car pour moi, le comportement est trop complexe pour être réduit à une série d’addition et de soustraction, mais nous avons une pensée commune : si l’on veut avoir une bonne relation avec son animal, il faut le respecter et ne pas le mettre dans des situations difficiles ou en souffrance qu’elle soit physique ou non.

Nous sommes venus à bout de la première partie de ce petit dossier. Il y a un certain nombre de choses dont je n’ai pas parler et qui gravitent autour de la question de la hiérarchie. Pourquoi un chien obéit-il si ce n’est pas par soumission ? Comment fonctionne l’alpha rolls si la hiérarchie Homme-chien n’existe pas ? Ou même la maîtrise complète est-elle possible et enviable ?


Partie 2 : les causes de l’obéissance, l’alpha rolls, la maîtrise du chien

Pourquoi un chien obéit ? Je crois que c’est l’une des premières questions que l’on devrait tous se poser avant de commencer l’éducation d’un chien. Prenons différentes théories.

Théorie 1 : Le chien obéit par respect pour la personne.
Contre-argument : si j’ai appris à mon chien à s’asseoir sur commande (“assis”), il est capable d’obéir à un inconnu dans la rue. Le respect envers l’individu en tant qu’individu n’est pas nécessaire à l’obéissance.
J’ai connu des chiens mordeurs, agressifs, ce qui devrait être une preuve de “non respect” suffisante, je suppose et obéissant aux ordres de bases.
Second contre-argument : Il ne s’agit pas de respect, mais de confiance, néanmoins, il est difficile de faire obéir un chien qui a peur que l’on s’approche … Plus que le respect, un minimum d’attention et d’écoute sont nécessaires.
Argument en faveur de cette théorie : -

Théorie 2 : Le chien obéit pour faire plaisir à son maître.
Contre-argument : Encore faut-il que le chien ait conscience de ce qui fait plaisir au maître. Le chien est une page blanche au départ.
Argument en faveur de cette théorie : On pourrait noter que si le maître émet du plaisir, le chien peut aimer le recevoir et saisir cette opportunité, mais alors, cette théorie est à ranger avec la théorie 3.

Théorie 3 : Le chien obéit parce que c’est une bonne opportunité d’obtenir quelques choses
Contre-argument : Cela suppose un certain nombre de pré-requis : Il faut qu’il sache ce qu’il y a a obtenir et comment l’obtenir.
Argument en faveur de cette théorie : Toute les méthodes d’éducation peuvent se retrouver sous cette théorie. Face aux méthodes coercitives, le chien obéit pour faire cesser les choses désagréables et retrouver du confort. Face aux méthodes en renforcement positifs, il obéit pour obtenir friandises et autres récompenses.

Théorie 4 : Le chien obéit par habitude.
Contre-argument : -
Argument en faveur de cette théorie : C’est ce qui est observé à force de travail, le chien obéit sans réflexion, uniquement par habitude.

Pour le moi, le chien obéit parce que cela représente une opportunité intéressante, puis par la force de l’habitude. Connaître le chien, avoir une relation avec lui, n’est pas nécessaire. L’obéissance n’est donc pas directement lié à la relation.

Cela m’amène tout droit à la maîtrise du chien. En début de dossier, je vous ai expliqué qu’enfant j’estimais qu’une maîtrise totale du chien était le minimum syndical que les maîtres devraient avoir. Aujourd’hui, mon opinion a quelques peu diminué. La maîtrise totale d’un chien est le rêve de bon nombre de personnes, mais le chien est un être vivant. La relation que l’on a avec lui, sa connaissance du monde, notre connaissance de ses réactions … tout cela peut faire de notre chien, un chien non dangereux. Je me suis retrouvée lors d’un dîné de famille à devoir faire un travail auprès d’une petite fille phobique des chiens, pour qu’elle puisse quitter sa chaise sans hurler de frayeur en voyant Fenris. Un tel travail demande pas mal de confiance et de contrôle des réactions de son chien. Je ne recherche pas le contrôle absolu de Fenris, au contraire, je le laisse gérer ses émotions, s’éloigner s’il en a besoin, prendre des moments de repos afin qu’il ne soit jamais dans de mauvaises dispositions. On peut tout à fait obtenir un “pas bouger” parfait et expliquer à l’enfant que le chien n’est qu’une peluche, mais ce n’est pas réaliste et si le chien a un moment de fatigue, de douleur, de frayeur [...], cela peut devenir dangereux. Je vois donc la maîtrise de mon propre chien comme une collaboration avec lui. Je ne peux pas tout deviner, je ne suis pas dans sa tête et j’accepte qu’il m’aide.

Cela ne veut pas dire que je ne maîtrise pas Fenris, en cas de soucis, il m’obéit. Seulement que j’accepte l’idée que c’est un être vivant, doué d’émotions et capable de bonnes décisions. Dans certaines circonstances, pour des raisons de sécurité, je ne suis pas contre le port de la laisse, de la longe ou de la muselière, bien au contraire. Je pense simplement que la maîtrise du chien ne devrait pas être notre but, mais au contraire, on devrait se mettre dans la situation : et si je ne le maîtrise pas face à un enfant, comment va-t-il réagir ? Comment a-t-il appris, de part ses précédentes interactions, à réagir ? C’est un travail de fond, plus que de formes, qui ne vaut aucun laurier si ce n’est de temps à autre une réflexion : “Ton chien est vraiment patient”, “Il est super calme”, …

Et nous retournons dans le vif du sujet avec l’alpha rolls.
Le principe de hiérarchie s’accompagne de tout une “mythologie” pas désagréable à entendre. Laissez moi plutôt vous racontez ces jolis mythes : en tant qu’être humain, vous êtes forts, respectables et respectés, aimés, adultés, on vous obéit au doigt et à l’oeil. Pour cela, il suffit de vous abaissez de temps à autre à rappelez à votre chien que vous le comprenez parfaitement. Pour cela, vous vous transformez en loup, vous montrez vos crocs acérés, vous le bousculez un peu puis vous redevenez le dieu des Hommes à ses yeux. Joli papier cadeau pour emballer des méthodes qui ne sont que des rapports de force et où le chien pourrait bien gagner. Si vous commencez un combat à bras de corps avec votre fidèle Médor, il ne faudra pas être surpris, s’il se défend et mord.

L’alpha rolls est le fait d’attraper un chien et de le mettre sur le dos afin de lui montrer que vous êtes son chef de meute. Si le chien refuse la position, c’est qu’il est dominant et qu’il faut maintenir plus fermement la position ou en tout cas … c’est ce que bon nombre de personnes expliques. Maintenant, décryptons :

Lorsque l’on voit une bagarre entre deux chiens, elle a tendance à se finir sans qu’un seul chien n’ait montré son ventre. Cette position n’a donc rien d’obligatoire pour qu’il y ait un “gagnant”. Lorsque l’on observe deux chiens se battant et que l’un des deux finis sur le dos, on peut observer qu’il se met, de son propre chef sur le dos. L’autre chien peut approcher sa tête de l’autre, le renifler voir poursuivre les menaces, mais il ne lui monte pas dessus pour l’immobiliser. Le chien qui se retrouve sur le dos ne peut donc pas se débattre.

Voilà la réalité, nous ne sommes pas des loups. Les chiens non plus d’ailleurs. Lors d’une confrontation, ils peuvent communiquer, s’échanger des signaux qui feraient cesser l’acte de l’adversaire. Quand l’adversaire est un Homme, il ne les comprend pas forcément.

Le fait d’être plaqué sur le dos n’est pas un geste naturel. Je vais essayer de faire un parallèle humain : je me sens menacer et je lève les mains pour signifier : “Je me rend, je suis inoffensive, ne me faites pas de mal”. C’est un signal clair que mon agresseur devrait comprendre. A présent, une personne arrive dans mon dos, attrape mes poignets et me lève les mains de force. Le signal est-il le même ? Je risque de me débattre, de chercher à fuir et surtout, à ne pas comprendre que la personne voudrait que je dise : “Je me rend”. Il est fort possible qu’au travers d’une autre forme de langage : la parole, je tente d’émettre un signal équivalent à “Je me rend”, mais le fait d’avoir les mains en l’air, n’a pas d’incidences sur le message que je souhaite émettre.

Un chien plaqué sur le dos, qui se débat, peut envoyer tout un tas de signaux d’apaisement visant à calmer l’autre et à faire cesser l’agression. Faute de compréhension des deux partis, l’altercation peut se muscler et le chien peut tout faire pour se défendre au travers de la morsure. Mais finalement, le chien se calme et à des yeux non avertis, il s’est soumis. Revenons en à mon parallèle humain : on m’a attrapé les mains, je tente de communiquer, de me débattre, je ne parviens pas à me libérer. Il est possible que j’essaye de frapper mon agresseur en donnant des coups de pieds, des coups de coude, en mordant s’il passe à proximité de mon visage, … Néanmoins, malgré toute mes tentatives, je ne vais pas n'acharner sur la durée. A un moment où un autre, je vais me calmer et me résigner : je ne peux rien faire pour me libéré.

Il semblerait que le chien suive un processus similaire que nous appelons détresse acquise. Il s’agit d’un état de résignation, qui est facile à confondre avec une soumission, mais qui est un processus plus dévastateur puisqu’il s’approche d’un état dépressif.

Pour parler de la détresse acquise, j’aime raconter la première vidéo que j’ai observé et où j’ai pu voir cet état très clairement. Malheureusement la détresse acquise est très simple à provoquer et très discrète, le chien parait calme, tranquille, obéissant et il ne semble absolument pas traumatisé. C’est dans de petits détails que l’on fini par voir qu’il est totalement résigné, comme “éteint” de l’intérieur. Cette vidéo donc ! Il s’agissait d’une vidéo provenant à priori d’une caméra de surveillance dans un ascenseur. Un homme frappait un petit chien à coup de pied. Le chien volait contre les parois de la cage d’ascenseur. Puis l’homme l’appelait visiblement très gentiment et le chien se relevait pour venir le voir et se faire de nouveau frapper. En provoquant une détresse acquise on peut obtenir d’un chien qu’il marche en laisse sans tirer ou qu’il se laisse plaquer sur le dos sans rechigner ou bien qu’il vienne quand on l’appelle même si c’est pour se faire frapper.

A force, l’Alpha Rolls ne peut que fonctionner. Le chien s’éteint, accepte les manipulations les plus étranges et obéit. Mais les mécanismes qu’il y a derrière n’ont rien à voir avec l’acceptation d’un statut social ou un gain de respect. C’est un geste dangereux … pour l’Homme comme pour le chien.

Les liens :

[1] : http://www.woodenpark.fr/Page%20formations.htm
[2] : http://www.cerfpa.com/pdf/formation/I6HG4J1C20140424170656.pdf
[3] : http://www.cynopsy.com/plan.pdf
[4] : http://www.eapac.fr/formation-professionnelle/les-cours/comportement-chiens-chats
[5] : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?rubrique20
[6] : http://suzanneclothier.com/fran%C3%A7ais/les-bases-de-leadership



Partie 3 : anciens articles

Avant d'écrire ce dossier, j'ai fait d'autres essais en essayant de présenter les choses sous des angles différents. Bien-entendu, une part de ces autres articles se recoupent dans ce dossier, mais tout n'y est pas. Certains arguements, certains dévelopements ne sont pas présent. J'avais envie de garder une trace de ces articles et j'ai décidé de les mettre à la suite. Ils ne sont pas forcément complet, mais ils peuvent peut-être vous intéresser.



La relation Homme-chien


Suivant l'interlocuteur à qui l'on s'adresse, on peut observer différentes manières d'appréhender et de vivre la relation Homme-chien. Ce regard gère nos réactions, nos volontés mais nos sentiments envers le chien. Dans cet article nous allons tenter de comprendre le chien, pour établir un regard à porter sur le chien qui soit réaliste.
Pour m'aider dans cette démarche de compréhension des filtres de perception que nous pouvons avoir, j'ai décidé de lire de nombreux articles représentant le chien tantôt comme un loup, tantôt comme un enfant. Nous évoluerons donc dans ces idées, en tentant de les expliquer, avec d'en arriver à la relation Homme-chien que l'on peut espérer.


Eric et Irokoi


Le regard : le chien est un humain

L'anthropomorphisme. Il s'agit de prêter au chien des attitudes et des pensées humaines. Par exemple affirmer qu'une chienne désire être mère ou bien qu'un chien est jaloux sont des preuves d'anthropomorphisme. Ne jamais faire preuve d'anthropomorphisme est difficile, car c'est souvent inconscient et il est plus facile de parler de jalousie qu'expliquer de la frustration par exemple.

Le regard : le chien est un loup

Si le filtre de perception de l'anthropomorphisme est évident et plutôt facile à admettre, il n'en va pas de même pour l'idée que le chien est un loup. Cette idée communément admise à amener ce que l'on peut appeller "les règles de la hiérarchie", "la hiérarchie Homme-chien", mais également "le chien dominant". Tout un fil d'idée issu d'une seule phrase : "le chien est un loup".

Première réflexion : si le chien est un loup, pourquoi l'appelles-t-on "chien" ?

L'un des arguments avancés est que ces deux espèces peuvent se reproduire. En effet, le chien et le loup peuvent se reproduire. On l'a vu notamment pour l'élaboration de certaines races canines tel que le Chien-loup tchécoslovaque ou le Chien-loup de Saarloos (toutes deux reconnues génétiquement stable et reconnues par la FCI) ou tel que Cane Lupo Italiano et l'American Tundra Shepherd Dog (non reconnu FCI à ce jour 12/2013). Mais le loup n'est pas la seule espèce à avoir été utilisé pour faire une race, on retrouve également le chien de Sulimov, issu de chacal doré et de diverses races de chiens. Ce chien sert de chien renifleur dans les aéroports et seuls une 40taine d'invidus existent. Néanmoins, cela montre que si "le chien est un loup" parce qu'il peut se reproduire avec eux, "le chien est aussi un chacal doré".

Mais y'a-t-il eut d'autres croisements entre différentes espèces donnant des petits non stériles ou bien peut-on dire que chacal / chien / loup, sont les seules concernées ? Pour plus de facilité, j'ai réalisé le tableau qui suit, à partir de diverses sources.

X
Loup gris
Canis lupus
Loup gris commun (Loup européen)
Canis lupus lupus
Chien
Canis lupus familiaris
Chacal doré
Canis aureus
Dingo
Canis lupus dingo
Coyote
Canis latrans
Loup de l'Est
Canis Lycaon
Loup africain
Canis lupus lupaster
Loup gris
Canis lupus
Loup gris
Canis lupus
-Timber Shepherd (non reconnu FCI)-Mention d'un loup-dingo né chez Mr. et Mrs. HC Brooke*6Coywolf
parfois on considère le loup rouge Canis rufus*3 comme un hybride de coyote et de loup ou pouvant s'hybrider avec le loup
d'après certaines sources, il y a des hybridations entre le loup gris et le loup de l'Est *4-
Loup gris commun
Canis lupus lupus
-Loup gris commun
Canis lupus lupus
chien-loup de Saarloos (FCI)
chien-loup tchécoslovaque (FCI)
-----
Chien
Canis lupus familiaris
Timber Shepherd (non reconnu FCI)chien-loup de Saarloos (FCI)
chien-loup tchécoslovaque (FCI)
Chien
Canis lupus familiaris
Chien de Sulimovsuivant les sources *1, 90 % de la population de Dingo serait composée d'hybrideCoydog (exemple : tentatives de croisement entre caniche et coyote *2)--
Chacal doré
Canis aureus
--Chien de SulimovChacal doré
Canis aureus
---possible hybridation au Sénégal*5
Dingo
Canis lupus dingo
Mention d'un loup-dingo né chez Mr. et Mrs. HC Brooke*6-suivant les sources *1, 90 % de la population de Dingo serait composée d'hybride?Dingo
Canis lupus dingo
---
Coyote
Canis latrans
Coywolf
parfois on considère le loup rouge Canis rufus*3 comme un hybride de coyote et de loup ou pouvant s'hybrider avec le loup
-Coydog (exemple : tentatives de croisement entre caniche et coyote *2)---d'après certaines sources, il y a des hybridations entre le loup gris et le loup de l'Est *4-
Loup de l'Est
Canis lycaon
d'après certaines sources, il y a des hybridations entre le loup gris et le loup de l'Est *4----d'après certaines sources, il y a des hybridations entre le coyote et le loup de l'Est *4Loup de l'Est
Canis Lycaon
-
Loup africain
Canis lupus lupaster
---possible hybridation au Sénégal*5---Loup africain
Canis lupus lupaster
*1 Les dingos emblêmes de l'Australie risquent de disparaître, 12-12-2013
*2 Coydog
*3 Loup rouge
*4 Hybridation du Loup de l'Est
*5 Le Loup africain
*6 Hybride de Dingo


Il est intéressant de noter que le chien a été croisé avec bien des espèces ou des sous-espèces et que chacunes d'entres elles présente des spécificités, notamment en terme de comportement. Alors pourquoi assimiler le chien au loup ? Ce n'est pas simplement pour une capacité à se reproduire. Depuis longtemps, plusieurs hypothèses sur "l'ancêtre du chien" circule, tout les enfants ou presques doivent entendre une fois dans leur vie la fabuleuse histoire de la domestication du loup par l'Homme qui a alors créé le chien. Ou tout du moins, c'est la version la plus valeureuse, celle qui mérite d'être raconter pour mettre des étoiles dans les yeux des enfants. Moins glorieuse, une seconde analyse dit que ce serait nos poubelles qui auraient créer le chien ...

Néanmoins aucune de ces théories n'a pu être prouvé, ni une domestication par un Homme souhaitant faire du loup un animal domestique, ni une domestication par une transformation de l'environnement (les Hommes commençaient à chasser de grandes proies tels que des Mammouths dont les carcasses faisaient un repas facile pour les "futurs chiens"). Et nous n'avons pas abordé le point épineux. L'homme ou les poubelles domestiquent le loup. Le loup ? Quel loup ? Nous avons pu voir dans le tableau précédent un loup gris, un loup gris commun (loup européen), un loup africain, un loup de l'Est, un loup rouge et si nous nous penchons sur le "loup", nous pourrions voir également le loup de Russie(Canis lupus communis), le loup de Sibérie(Canis lupus albus), le loup des Indes(Canis indica), le loup de l'Himalaya(Canis himalayensis), le loup d'Éthiopie (Canis simensis), ... Alors, lequel de ces loups est l'ancêtre du chien ? D'après les dernières analyses à ce jour (12/2013), aucun. Le "loup" dont on parle est une ancienne lignée disparue dont on ne sait pas grand chose.

Autrement dit, lorsqu'on dit que "le chien est un loup", on parle d'une espèce de loup disparue depuis fort longtemps, dont on ne connait pas les particularités comportementales et qui a fortement évolué au contact de l'Homme. Hors entre deux espèces de loup moderne, on peut observer de très grosses différences comportementales (par exemple le loup africain présenterait un comportement solitaire, contrairement au loup gris).

Malgré ces observations, ces faits, on continue de voir, de concevoir le chien comme un loup. Mais avant d'en venir au chien, j'aimerai parler d'un tout autre animal : le rat.
Le rat donc. Il se trouve que le rat domestique (rattus norvégicus) et le rat sauvage (rattus norvégicus) forme une seule et même espèce. Il ne devrait donc y avoir aucune différence flagrante entre un rat domestique et un rat sauvage, et pourtant. Malgré le fait qu'il s'agisse d'une seule et même espèce, la sélection à modifier leur comportement. Dans la nature, pour survivre, un rat se doit d'être méfiant de tout nouvel aliment. Il est alors extrêmement prudent. Un rat goûte, les autres rats l'observent puis mangent. C'est un comportement que j'ai eut la chance d'observer chez Cowboy (père sauvage X mère domestique). Les rats domestiques n'ont aucune raison d'être méfiant, ils goûtent tous ensembles. Cowboy n'a jamais connu de rats sauvages, il est né en captivité et pourtant il présentait des comportements typiques des rats sauvages. La sélection comportementale ne doit pas être ignorée ou mise de côté.

Revenons-en au loup. Pour survivre, un loup doit savoir chasser, cela débute par la recherche de la proie et cela se finit par la mise à mort, le dépecage et la consommation de la proie. Dans l'optique de prendre le chien pour un loup, il convient de s'attendre à ce que ce comportement soit identique ou au moins similaire. Il s'agit après tout d'un comportement primordial pour la survie.

En fonction des sélections, on voit apparaître des disparités :
Border Collie, Pointer, Epagneul [...] : fixation visuelle hypertrophiée
Border Collie, Pointer, Epagneul, Retriever [...] : absence du comportement de mise à mort
Patou : apparition des comportements de prédation tardifs qui disparaissent s'ils ne sont pas vivement encouragés
Pointer, Epagneul, Retriever [...] : absence du comportement de dépecage


Ice Cream


On peut aisément constater que sur l'un des comportements principaux du loup, le chien agit de façon différente en fonction de sa sélection ou de ses apprentissages, mais également à cause de son milieu de vie. Pourquoi apprendraient-ils à chasser pour se nourrir alors que les gamelles sont pleines ? Le fait même d'être domestique implique d'énormes modifications comportementals. Qu'en est-il pour les autres comportements, tel que la reproduction ?

Le loup gris (canis lupus) a une saison des amours allant de janvier à mars et la louve met bas entre mars et juin. En général, la chienne a des chaleurs deux fois par an, et des chiots peuvent naître tout au long de l'année. Il y a donc une différence de rythme, mais d'un point de vue strictement comportemental, on peut observer d'autres différences. Généralement, chez le loup, seul le couple "alpha" se reproduit. De son côté, une chienne peut être saillie par plusieurs mâles. Après la naissance, les chiens se désintéressent souvent de la portée alors que les loups nourrissent les louveteaux par régurgitation et jouent avec eux, participant activement au développement des petits.

Nous nous sommes approchés de deux comportements fondamentaux chez une espèce se nourrir et se reproduire. Le loup gris et le chien présentent une grande différence de comportement, parfois exacerbés par la sélection. Nous allons maintenant en venir aux implications concrêtes de cette vision lupine du chien.

Si le chien est un loup et que le loup est un animal meute, le chien est un animal de meute. Il y a donc des meutes de chiens. Et comme le chien vit dans auprès d'humain, il y des meutes d'Humain et de chien. Ces meutes se doivent d'être dirigé par l'humain.

Première réaction sur le sujet : est-il possible qu'une meute soit composée de deux espèces différentes ? Après recherche on trouve qu'aucune meute n'est inter-spécifique, et ceux pour tout un tas de raison claire (nourriture différente, pas de reproduction, pas les mêmes buts, pas le même language, pas le même rythme, pas les mêmes problèmes ...). S'il n'y a pas de groupe ainsi formé, différentes espèces peuvent cohabiter, côté à côté. Dans le territoire d'un loup, on trouve différentes espèces de proies, mais également des espèces qui s'ignorent entre-elles.

Malgré cette évidence, l'Homme a la prétention de pouvoir être le chef d'une meute qu'il ne comprend pas. En effet, certaines règles de la hiérarchie permettant d'être "le chef de la meute" montre une grave incompréhension de la communication canine. Mais regardons ça de plus prêt, voici un règlement tiré d'un certain nombre de sites d'amateur mais également de professionnels de l'éducation, de vétérinaires, ...


Les 19 commandements du chef de meute

- tu ne lui laisseras jamais l'accès à ton lit ou à ton canapé
- dans un lieu isolé, il dormira
- tu refuseras qu'il passe une porte avant toi
- tu lui interdiras de grogner
- tu lui interdiras de mordiller
- tu ne ramasseras jamais ses déjections devant lui
- il ne devra, jamais, se tenir en hauteur
- tu gèreras l'espace
- il ne devra jamais rester dans les lieux de passage
- tu le plaqueras sur le dos en cas d'erreur
- tu plaqueras sa nuque au sol pour qu'il sache que c'est toi le dominant
- il ne mangera jamais avant toi
- il ne mangera jamais devant toi
- tu ne lui donneras jamais une caresse ou un jeu qu'il aura demander
- aucun acte sexuel ne devra être accomplis devant toi, il devra se cacher
- tu n'accepteras jamais qu'il pose une patte sur toi
- en promenade, il ne devra jamais te dépasser
- tu le caresseras seulement s'il le mérite et sur la tête, les épaules et le cou, pour lui rappeler ton statut hiérarchique
- tu gèreras le temps de jeu que tu accorderas au chien



Je vais reprendre ces règles et les commenter. Toutes ne manquent pas de sens, même si une hiérarchie entre deux espèces est techniquement impossible.

Les 19 commandements du chef de meute, commentaires

- tu ne lui laisseras jamais l'accès à ton lit ou à ton canapé
Cette règle vient de l'idée que le mâle alpha (loup) a la meilleure place pour dormir. En pratique, le chien aime le confort et la proximité avec les autres (chiens, chats, humains, ...). On peut le retrouver endormis contre n'importe lequel des habitants de la maison. Mais une fois qu'il est dans un lieu de confort, il peut se défendre pour le garder (défense du confort) et se montrer agressif. Un simple apprentissage de "Descend" sur demande (en renforcement positif) rend positif le fait de quitter le lit ou le canapé temporairement. L'achat de tapis, de coussin, très confortables peut amener le chien a les préférer au canapé ou au lit.
Observation personnelle : deux humains dans un lit. Deux chiens dans la chambre. Un tapis et l'accès au lit. Les chiens dorment à tour de rôle sur le lit, sans grognement, sans affrontement, simplement en fonction du confort possible sur le lit par rapport au confort possible sur le tapis (en fonction de la chaleur de la pièce & de la façon dont tout le monde s'installe. En cas de dominance, l'un des chiens refuserait systématiquement l'accès au lit à l'autre, pour montrer qu'il est le "chef". Ce n'est pas ce qu'il se produit.
L'intérêt de cette règle : impose des moments de solitude, apprentissage de la solitude, limitation des problèmes d'hyper-attachements


- dans un lieu isolé, il dormira
Cette règle vient de l'idée qu'il faut gérer le territoire du chien. En pratique, ça évite de mettre le panier ou le tapis du chien dans un endroit où on va le déranger par notre passage et où il pourra faire preuve de comportement de défense du confort.
L'intérêt de cette règle : permettre le repos du chien au calme



Fenris se repose contre Enjie


- tu refuseras qu'il passe une porte avant toi
Cette règle vient de l'idée qu'il faut gérer les déplacements du chien et que le premier de la file est le chef. En réalité, nous parlons souvent que de la porte d'entrée dont l'ouverture signifie la ballade et entraîne une certaine sur-excitation, non liée à une tentative de prise de pouvoir du chien, mais à une simple joie. Ouvrez la porte des toilettes, aucun chien ne tentera de vous "doubler"...
L'intérêt de cette règle : permet d'éviter les bousculades


- en promenade, il ne devra jamais te dépasser
Cette règle vient de la même idée que la règle précédente (gérer les déplacements du chien, le premier de la file est le chef). Bien des chiens sont devant, pour un simple intérêt exploratoire et bien des chiens tirent en laisse fautes d'activités suffisantes.
L'intérêt de cette règle : apprentissage de la marche en laisse. Cette règle présente le gros désavantage d'interdire des sports canins tel que le cani-cross, d'interdire également toute activité exploratoire, ...


- tu gèreras l'espace
Cette règle est complémentaire des règles précédentes (gérer les déplacements du chien ainsi que son accès aux espaces). Dans une moindre mesure (interdire une pièce par exemple), elle peut être utile. Dans des conditions plus extrêmes, elle peut devenir particulièrement tyrannique.
L'intérêt de cette règle : limitation de l'hyper-attachement


- il ne devra jamais rester dans les lieux de passage
Cette règle est complémentaire des règles précédentes (gérer les déplacements du chien ainsi que son accès aux espaces). Elle n'a pas vraiment d'intérêt si ce n'est d'éviter de déranger le chien par nos va et vient.
L'intérêt de cette règle : assurer que le chien soit au calme pour se reposer


- tu lui interdiras de grogner
Cette règle vient de l'idée qu'un chien se montre dominant en grognant. Il s'agit là d'une grave incompréhension entre l'Homme et le chien. Le chien grogne pour prévenir afin d'éviter de devoir aller jusqu'à l'agression. Le chien peut grogner par irritatin, pour se défendre, pour défendre quelques choses auxquels il tient tout particulièrement, ... Si l'humain parvient à interdire le grognement, il interdit au chien de prévenir, ça n'implique pas que le chien ne se défendra pas, seulement qu'il ne donnera pas de signe avec d'attaquer, ce qui est particulièrement dangereux.
L'intérêt de cette règle : aucune


- tu lui interdiras de mordiller
Il s'agit d'une nouvelle incompréhension entre l'Homme et le chien ou plus précisément le chiot. Dans ces premières semaines, le chiot explore le monde au travers de sa gueule (goût, texture, ...), puis petit à petit, il commence à prendre possession de ses autres sens et à explorer autrement (et notamment avec son odorat). Lorsqu'il est adopté à 8 semaines (âge légal), le chiot est encore entrain d'effectuer de l'exploration oral : les mordillements sont donc normaux. Apprendre à son chiot à ne pas mordiller pour attirer l'attention ou par jeu est néanmoins nécessaire, mais cela doit s'effectuer dans le calme et pas avec l'idée que le chiot mordille par esprit de dominance alors qu'ils sont simplement entrain de découvrir le monde.
L'intérêt de cette règle : éducation nécessaire


- tu ne ramasseras jamais ses déjections devant lui
Il s'agit là autant d'une idée anthropomorphique qu'une mauvaise assimilation du chien au loup. On pense que le chien nous domine lorsqu'il nous voit effectuer une tâche ingrate, sauf que le chien n'a pas conscience que pour nous, une crotte est sale et le fait qu'on la ramasse le laisse généralement neutre.
L'intérêt de cette règle : aucune


- il ne devra, jamais, se tenir en hauteur
... car la position hiérarchique serait liée à la hauteur du terrain. Bien des chiens aiment se trouver en hauteur pour pouvoir observer ce qu'il se passe autour.
L'intérêt de cette règle : aucune



Fenris se tenant en hauteur


- tu le plaqueras sur le dos en cas d'erreur
Cette règle vient d'une méconnaissance du comportement du loup. On pensait qu'il fallait que l'Alpha retourne par la force l'autre loup pour le soumettre alors qu'en réalité, c'est le loup qui se soumet qui se met volontairement sur le dos pour calmer l'Alpha.
L'intérêt de cette règle : aucune et c'est très dangereux, le risque de morsures (pour se défendre) est élevé


- tu plaqueras sa nuque au sol pour qu'il sache que c'est toi le dominant
Comme la règle précédente cette règle vient d'une méconnaissance du comportement du loup appliquée au chien ...
L'intérêt de cette règle : aucune et c'est très dangereux, le risque de morsures (pour se défendre) est élevé


- tu le caresseras seulement s'il le mérite et sur la tête, les épaules et le cou, pour lui rappeler ton statut hiérarchique
Cette règle est la version "light" de la précédente, elle est donc bien moins dangereuse, mais il est important de rappeler que les caresses sont un moment de partage qui doit être agréable pour les deux partis et non vécus comme une prise de pouvoir.
L'intérêt de cette règle : aucune


- tu ne lui donneras jamais une caresse ou un jeu qu'il aura demander
Rappelons que le chien est un animal sociable qui aime les contacts. Gérer entièrement les jeux et les caresses peut sembler évident, mais il est difficile de savoir à quel point notre chien a besoin de ces activités si nous le rejetons constamment...
L'intérêt de cette règle : aucune


- il ne mangera jamais avant toi
Car on croit que le loup alpha mange toujours le premier. En réalité, le loup peut partager le gibier si celui-ci est suffisament grand.
L'intérêt de cette règle : aucune


- il ne mangera jamais devant toi
Cette règle s'accompagne souvent de règles visant à réduire le temps du repas du chien pour le forcer à se précipiter : car un soumis ne devrait pas pouvoir manger sereinement. Le fait de ne pas assister au repas du chien ménage néanmoins un moment de solitude positif, si on n'accompagne pas cette règle d'une "réduction de temps" visant à stresser le chien.
L'intérêt de cette règle : travail la solitude


- aucun acte sexuel ne devra être accomplis devant toi, il devra se cacher
Cette règle vient du fait que seul le mâle dominant s'accouple. Néanmoins, les chiens qui chevauchent, semblent le faire pour attirer l'attention (l'attention étant une récompense) ou pour calmer un stress. Punir un comportement visant à se calmer est particulièrement mauvais, dans le doute, on évitera "d'interdire" cet acte, on y mettra simplement fin en quittant la pièce.
L'intérêt de cette règle : aucune


- tu n'accepteras jamais qu'il pose une patte sur toi
Bien des chiens posent une patte sur leur maître pour attirer son attention. Ce n'est pas une communication particulièrement conventionnelle mais ce n'est pas forcément à proscrire non plus. Cette tentative peut permettre de s'appercevoir que son chien a besoin de jouer, d'être caresser, que sa gamelle d'eau est vide, ...
L'intérêt de cette règle : aucune


- tu gèreras le temps de jeu que tu accorderas au chien
Le jeu est une activité très importante pour bien des chiens et pourtant, faute de partenaires, bien des chiens vieillissent prématurément et cessent de jouer. Au lieu d'être maîtriser et souvent anéantie, ce comportement devrait être choyé à sa juste valeur !
L'intérêt de cette règle : aucune




Idée reçue : Théorie de la dominance


Sommaire :
I - Idée reçue
II - Le chien est un loup domestique
III - Le chien et le loup ont les mêmes comportements
IV - Le chien est un animal de meute
V - Le chien est un dominant ou un soumis
VI - L'Humain doit se placer en chef de meute
VII - Le chien désire prendre la tête de la meute
VIII - Pour dresser un chien, il faut le soumettre
IX - Alors pourquoi ça fonctionne ?


I - Idée reçue

Tout d'abord, il est intéressant de savoir ce qu'est exactement une idée reçue. Voici un extrait de l'article de Wikipedia sur le sujet :

Citation :

Une idée reçue est une opinion, située entre le stéréotype, le cliché et le lieu commun. Elle a la particularité de s'admettre aisément, pour diverses raisons :
elle est très répandue (argumentum ad populum). On l'a d'ailleurs tous entendue au moins une fois ;
celui qui la transmet la considère très souvent comme évidemment démontrée ;
elle est agréable à admettre, parce qu'elle répond (le plus souvent simplement) à une question redondante, ou gênante, ou complexe : elle aide à ne plus réfléchir et s'impose insidieusement ;
elle peut aussi être plaisante à admettre par son caractère amusant (anecdote) qui permet de la retenir d'autant mieux.
On note enfin qu'elle est souvent fausse, à tel point que s'est formée l'expression « Combattre les idées reçues », ce qui sous-entend qu'elles ne peuvent qu'être combattues, et non démontrées comme justes. Cela dit, comme les lieux communs, les idées reçues sont tellement intégrées dans la culture qu'il est psychologiquement et sociologiquement très difficile de les contrer, même lorsqu'en toute objectivité il s'agit d'énormités par rapport à la vérité et à la logique.

source : Wikipedia


L'idée reçue est donc difficile à combattre puisqu'elle est approuvée par le plus grand nombre. Voici quelques exemples d'idées reçues pour mieux comprendre :
On entends souvent dire que la mémoire d'un poisson rouge est limité à quelques secondes, le temps de faire un tour de bocal. En réalité, les poissons rouges ont une mémoire d'environ trois mois. On entends souvent dire que les éléphants cherchent un endroit précis où mourir, des cimetière des éléphants. Il s'agit d'un mythe apparu au XXième siècle. Beaucoup croit que les caméléons changent de couleur pour se camoufler. La plupart des caméléons changent de couleurs pour réguler leurs températures, certaines espèces seulement se camouflent ainsi.

De la même manière mais dans un autre domaine, réveiller un somnambule n'est pas dangereux.
Dans le cas de la théorie de la dominance, il ne s'agit pas d'une idée reçue mais d'une série d'idées reçues.

"Le chien est un loup domestique." Première idée reçue.
"Le chien et le loup ont les mêmes comportements." Seconde idée reçue.
"Le chien est un animal de meute." Troisième idée reçue.
"Le chien est un dominant ou un soumis." Quatrième idée reçue.
"L'Humain doit se placer en chef de meute." Cinquième idée reçue.
"Le chien désire prendre la tête de la meute." Sixième idée reçue.
"Pour dresser un chien, il faut le soumettre." Septième idée reçue

Nous allons donc prendre chaque point, un part un pour comprendre exactement comment fonctionne le chien et à quel type d'idée reçue nous avons à faire.


II - Le chien est un loup domestique
Certes le chien est proche du loup, comme l'Humain est proche de Chimpanzé, mais le chien n'est pas un loup. Ce n'est pas plus un loup domestiqué. C'est une espèce à part entière, avec des comportements propres à son espèce. Les travaux menés au Wolf Park (imprégnation des loups aux humains), montrent que le loup ne se domestique pas facilement.
Citation :
La différenciation génétique entre le chien et le loup est apparue, il y a plus de 100 000 ans ( soit 0,2 % de différence génétique)

source : Historique du chien

Citation :
A Wolf Park, les soigneurs imprègnent des loups depuis trente ans, mais malgré cela ces loups restent de vrais loups.

source : Historique du chien

III - Le chien et le loup ont les mêmes comportements


Nous avons indiqué lors du second point que du point de vue génétique le chien et le loup sont des espèces différentes.

Lorsqu'un petit né, il s'impregne de la première espèce qu'il voit (source: "Cerveau et comportement" par Bryan Kolb). Le chiot peut posséder une imprégnation simple au chien, une double imprégnation chien et Homme ou encore une simple imprégnation à l'Homme. Par la suite, un chien imprégné aux chiens pensera qu'il est un chien. Un chien imprégné à l'Homme ne reconnaitra pas les autres chiens et pensera qu'il est un Homme, ce qui entrainera un certain nombre de problèmes comportementaux (attaque, absences de communication, reproduction, ...). Suite à cette imprégnation, le chien apprendra les codes sociaux relatifs aux chiens et découvrira comment communiquer avec les autres chiens. Il en va de même pour chaque espèce.

Voici quelques différences qui existent entre les techniques de chasse du loup et celle du chien :
- Taux de restes d'animaux domestiques dans les excrèments, plus important chez le chien.
Les excrèments du loup contenaient 1/4 de restes d'animaux domestiques alors que ceux des chiens en contenaient un peu plus de 2/4. source : Loup développement durable
- Discrétion et horraire des attaques, plus visible avec le chien.
Lorsqu'un chien attaque un troupeau, il est repéré et peut être décrit dans 90% des cas (en moyenne) alors que le loup est un prédateur discret. On note également que les loups attaquent essentiellement la nuit, alors que les chiens attaquent à 75% de jour.
source : Loup développement durable et Loup élevage, s'ouvrir à la complexité ... - CERPAM
- Nombre de victimes dans les troupeaux, plus important chez le chien.
Le loup tue pour se nourrir, il fait 1 à 2 victimes dans 49% des cas. 25% des cas occasionnent 3 à 4 victimes et 26% causent plus de 4 victimes. Les chiffres ont été confirmés par d'autres études en Italie. On estime que les loups font en moyenne 2 à 3 victimes par attaque, contre 10 victimes environ pour les chiens.
source : Loup développement durable et France Nature Environnement - Le loup et les grands prédateurs
- Mise à mort, plus maladroite chez le chien
Lorsqu'un loup attaque, il pourchasse sa proie. Il peut la blesser à l'arrière train pour la ralentir mais la mise à mort est rapide, elle s'effectue par une morsure à la gorge. Le chien n'est pas chasseur accompli, ses victimes décèdent souvent d'épuisement après avoir subit des morsures aux pattes, au ventre, à la tête, aux oreilles ...
source : Loup développement durable

Nous pourrions également parler de la façon de communiquer avec les membres de son espèce. Le loup utilise ses vingt-quatre muscles faciaux pour communiquer avec ses congénères. Le chien n'utilise que douze muscles faciaux.

Citation :
Au risque d’utiliser un terme étonnant, il faut dire que le chien familier est un animal captif. Qui n’assouvit rien sans l’aval de l’homme (alimentation, excrétion, reproduction, sommeil, etc.)

Sa communication à l’intérieur de son espèce étant déjà réduite au minimum (en encore ne parlons pas des chiens aux oreilles coupées, queue, museaux aplatis, ou yeux cachés sous le poil). Savez-vous que le loup utilise ses vingt quatre muscles faciaux pour communiquer ? Le chien, lui n’en a plus que douze.
source : SPA



IV - Le chien est un animal de meute


Nous savons au travers des observations d'ethologue que le loup est un animal qui forme des meutes. Par extension, le chien formerait également des meutes. Néanmoins avoir des contacts et communiquer avec les autres membres de son espèce n'implique pas la formation d'une meute.

Il y a 27 ZPP (Zone de Peuplement Permanent) en France, mais toute les zones ne possèdent pas de meutes. Seul 19 zones sont organisées en meute. (source : "Le Loup en France", Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement et Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l'Aménagement du Territoire.)

La meute permet notament de chasser des animaux de grandes tailles, qu'un loup seul ne pourrait pas chasser et de gérer le territoire. La meute se forment grâce aux intérêts qu'elle apporte.

Le chien domestique ne chasse pas de grandes proies, il mange ce qu'on lui met dans sa gamelle. Il ne gère pas non plus son territoire qui est délimité par l'humain et n'en chasse pas les intrus canins. Le comportement reproducteur est également gérer par l'humain (castration, saillie ...). Le chien domestique n'a donc aucune raison de former une meute, il cohabite simplement avec d'autres espèces.

Les chiens sauvages qui chassent pour se nourrir pourraient quant à eux avoir un intérêt à former une meute qui gérerait la nourriture, la reproduction, le territoire ... Mais les observations des éthologues sur ces chiens sauvages montrent que s'ils ont des comportements sociaux amicales, ils ne forment pas de groupe définit pour autant. Ainsi un chien sauvage pourra être vu avec un groupe un matin et avec un second groupe quelques heures plutard. Le mot "meute" est malheureusement employé à tord et à travers, sans entendre que lorsqu'on parle d'une "meute", on parle d'une structure sociale, pas simplement d'un groupe.


V - Le chien est un dominant ou un soumis


Nous avons vu que le chien ne forme pas de meute dans le point précédant. Il ne se place donc pas dans une hiérarchie fixe, il peut néanmoins se montrer dominant ou soumis face à l'un de ses congénères. Néanmoins, le mot clef est "ENVIRONNEMENT".

Pour dominer ou se soumettre, il faut au moins être deux et il s'agit d'un positionnement occasionnelle de l'une face à l'autre. Lorsque l'on réunit plusieurs chiens, on peut les voir enchaîner à tour de rôles différentes attitudes dans le jeu. Une simple observation d'un chien équilibrer (ni peureux, ni agressif) permet de comprendre qu'un chien n'est pas dominant ou soumis, il est un peu des deux en fonction de ce que lui propose son environnement. Pourquoi écarter les chiens peureux et agressif ? Parce qu'ils ne communiquent pas correctement avec les autres chiens. Le chien agressif attaquera l'autre sans prendre compte de ses gestes d'apaisement. Le chien peureux fuira les autres autant que possible et s'il ne peut pas fuir, il pourra passer à l'attaque face à un chien qui se montre juste curieux. De façon générale, il vaut mieux observer des chiens bien dans leurs pattes pour comprendre le comportement canin.


VI - L'Humain doit se placer en chef de meute


Nous allons voir pourquoi cette idée d'humain chef d'une meute canine est doublement fausse. Nous avons vu que les chiens ne forment pas de meute, ce qui complique déjà la place de l'Humain en tant que chef de meute.

Le deuxième point que l'on peut aborder est l'imprégnation. Lorsqu'un petit né, il s'impregne de la première espèce qu'il voit (source : "Cerveau et comportement" par Bryan Kolb). Le chiot peut posséder une imprégnation simple au chien, une double imprégnation chien et Homme ou encore une simple imprégnation à l'Homme. Par la suite, un chien imprégné aux chiens pensera qu'il est un chien. Un chien imprégné à l'Homme ne reconnaitra pas les autres chiens et pensera qu'il est un Homme, ce qui entraînera un certain nombre de problèmes comportementaux (attaque, absences de communication, reproduction, ...). Suite à cette imprégnation, le chien apprendra les codes sociaux relatifs aux chiens et découvrira comment communiquer avec les autres chiens. Il en va de même pour chaque espèce.

Chaque espèce possède sa façon de communiquer, par l'apprentissage une espèce tel que l'Homme pourra communiquer de façon basique avec une autre espèce. Ainsi, nous pouvons éduquer un chien à comprendre le mot "assis" et à y réagir pour obtenir quelques choses (absence de punition, récompense, ...). Le chien finira par y réagir par habitude. Néanmoins, il n'aura pas apprit à parler, ni à comprendre chacun de nos mots. Ce problème basique de communication empêche toute formation de meute entre deux espèces. En effet, nous avons vu qu'une meute se forme pour répondre aux besoins du groupe.

Comment former une meute avec des espèces qui ont des besoins différents, des façons d'appréhender le monde différentes, des façons de communiquer différentes... Le chien ne comprendra jamais l'argent ou la notion de travail. Nous ne sentirons jamais les informations contenu dans l'urine d'un chien et nous n'y réagirons jamais. De même que nous ne changerons pas de route pour suivre cette odeur. Il ne s'agit pas seulement d'une impossibilité humaine. Dans la nature, on observe pas de meute de plusieurs espèces. Dans la savane hyène et lion peuvent vivre sur des territoires assez proche, ils font partis de l'environnement de l'un et de l'autre, ainsi ils peuvent interagir. Si les lions arrivent, les hyènes fuient. Quand les lions repartent, les hyènes reviennent. Néanmoins, ils ne forment pas un groupe commun. Ce n'est juste pas quelques choses de possibles.


VII - Le chien désire prendre la tête de la meute


Nous avons vu au dessus que le chien n'est pas un animal de meute. Que les animaux de meutes ne forment pas de meutes avec d'autres espèces. Que les animaux de meutes ne forment des meutes que lorsqu'il y a un intérêt à le faire. Néanmoins, l'idée que le chien de compagnie désire prendre la tête d'une meute chien / Humain existe toujours.

Alors pour cette idée reçue, nous allons seulement nous poser une question : les animaux qui sont globalement soumis dans une meute cherchent ils toujours à devenir "l'Alpha" ?

Pour commencer, un loup ne devient pas l'Alpha simplement en se rebellant et en réussissant à chasser le précédent Alpha. Il faut que la meute l'accepte et le choisisse, sinon, sa rébellion lui aura seulement permit de se soumettre à un autre. On peut donc facilement en conclure que si chaque loup désirait devenir Alpha, ce système ne pourrait pas fonctionner.

Citation :
Un loup peut donc toujours devenir un « alpha » s’il le souhaite. Il est, en tous cas, libre d'aller fonder son clan. Mais il peut également tenter de se rebeller. Toutefois, s’il n’est pas suivi dans son « putsch » par le clan, il doit se soumettre au chef que celui-ci a choisi.

source : reportage-loup



VIII - Pour dresser un chien, il faut le soumettre


Cette idée reçue pose différents problèmes. Elle implique que l'éducation est un conflit avec le chien, d'où le besoin de le soumettre. Pour soumettre le chien -nous avons vu que la communication homme / chien n'est pas aisée- nous passons parfois par des manipulations qui sont censés correspondre aux manipulations du mâle Alpha sur les autres loups. Ces manipulations (placer le chien sur le dos, par exemple) ne correspondent pas aux agissements du loup et elles ont tendances à provoquer incompréhension et peur chez le chien. Autant de réactions qui sont interprétés comme un refus de soumission et qui entraîne parfois, des réprimandes plus importantes.

Alors la question que j'aimerai poser, c'est ... est-ce que ça marche ? Est-ce qu'une éducation basée sur des idées reçues sur le loup, appliquée aux chiens fonctionne ? Oui et non. Oui, cela marche sur les chiens les plus tolérants, les plus à l'écoute. Oui cela fonctionne avec une certaine dose d'acharnement. Non, après l'éducation les chiens ne sont pas forcément "bien dans leurs pattes", certains sont complètements détruits, robotisés et craignant l'homme. Non, certains sont envoyés dans les circuits de l'éducation pour apprendre à se soumettre à l'homme et finissent si traumatisé et si dangereux que seule l'euthanasie devient envisageable. Non, ça ne marche pas du tout sur les chiens plus sensibles, les plus réfléchit.

On constate notamment que les chiens nordiques qui sont des chiens sensibles, qui réfléchissent avant d'agir et qui font les choses s'il y a de bonnes raisons de les faire, peuvent être refusés dans les cours d'éducation "classique" et catalogué comme "chien bête" car les méthodes ne fonctionnent pas -ou si mal- sur eux.

Conclusion : une méthode adaptée au chien et à son comportement doit pouvoir fonctionner sur tout les chiens. Par exemple, le clicker : voir ici


IX - Alors pourquoi ça fonctionne ?


Nous avons vu dans le point précédent que "ça fonctionne" pas toujours et pas sur tout les chiens, mais il y a des résultats avec les techniques s'appuyant sur la théorie de la hiérarchie et de la dominance. Nous n'allons pas fermer les yeux et faire comme si ça n'existait pas !

Alors, en imaginant que le chien n'a pas de hiérarchie, qu'il ne puisse pas considérer son maître comme un chef de meute, qu'il ne comprenne pas les codes que l'humain tente d'employer, comment cela fonctionne ? Par amalgame.

Prenons mon chien, il refusait d'être manipulé dans tout les sens. C'était angoissant pour lui et il préférait partir au plus vite. Pour le défenseur de la théorie de la dominance, mon chien était donc un dominant. Il aurait fallu que je l'attrape pour le plaquer sur le dos, ce qui aurait provoqué plus de panique et donc mon chien se serait sans doute débattu comme un beau diable. Ben vous voyez bien qu'il est dominant ! Sinon, il se laisserait faire ! Non, il n'est pas à l'aise et il angoisse vite pour pas grand chose. D'autant plus qu'il cherche à fuir et pas à attaquer, notons néanmoins que n'importe quel chien que l'on pousse trop loin finit par vouloir se défendre. Donc avec mon petit dominant adoré j'aurais du aller à la confrontation, l'empêcher de passer en premier pour voir ce qu'il y a dehors, le nourrir après moi, l'empêcher de dormir en hauteur ... Mon petit chien se braque vite, surtout lorsqu'il commence à avoir peur, je pense qu'on y serait toujours mais à force de manipulation on aurait put obtenir que mon chien se laisse manipuler (ou que mon chien m'attaque en craignant tout les contacts). Dans le premier cas, bravo, bravo mon chien a comprit qui était le patron. Dans le second cas, ça me prouve à quel point il est dominant et à quel point il faut que je durcisse la méthode. Quoique on m'aurait sans doute dit que c'est un peu normal qu'il soit dominant vu qu'il devait me prendre pour sa femelle.

Revenons à la réalité. Donc comme je le disais, il dort sur le lit, il peut manger avant ou en même temps que moi, il a le droit de grogner, d'aboyer (dans la limite du raisonnable, un aboiement suffit pour prévenir et il est tout content quand on lui dit qu'on a entendu), il passe devant en partant en ballade, bref, tout ce que bon nombre de personne déconseille. Donc en tout logique, sachant que je n'ai pas voulu "soumettre" mon chien, celui-ci est toujours non manipulable puisque toujours dominant. Par la douceur, la patience (plusieurs mois d'efforts), le calme, le respect, mon chien sait aujourd'hui qu'il ne risque rien lorsqu'on le manipule, qu'il a le droit à des grattouilles en prime et s'il n'est pas particulièrement friand de l'exercice, il ne cherche pas à fuir.

J'avance donc la théorie suivante, si mon chien se débat lorsqu'il est sur le dos, c'est parce qu'il n'a pas l'habitude de cette position. Les méthodes les plus dures et les moins compréhensives du chien finissent néanmoins par pouvoir lui donner l'habitude. Elles le rendent soumis aux yeux des personnes qui appliquent la méthode, prouvant ainsi que leur méthode fonctionne et oubliant tout ceux sur qui ça ne fonctionne pas.

Continuons en observant les mécanismes de l'apprentissage. De façon simple, je me coince les doigts dans la porte, aïe, j'ai appris qu'il ne faut pas mettre mes doigts dans la porte. Tout aussi simplement, ma mère m'avait dit que c'était dangereux de mettre mes doigts dans la porte, mais je n'avais pas l'attention, la motivation nécessaire pour l'écouter et faire attention. Donc pour apprendre à ne plus mettre les doigts dans la porte, c'est plus simple et plus rapide de se les coincer dans la porte. On comprend aussi que c'est plus barbare et cruel.

Lorsque mon chien tire en laisse, je peux m'arrêter et lui montrer que tirer en laisse ne fait pas aller plus vite, au contraire. Je peux lui mettre un collier étrangleur et lui mettre un grand coup de "sonnette" et la douleur ressentit lui fera effectivement comprendre que marcher au pied, c'est mieux. On comprend aussi que c'est plus barbare et cruel.




Le chien et le loup


De nombreux propriétaires appellent affectueusement leurs chiens, leurs "petits loups". Tout autant de personnes expliquent le comportement du chien en se référant au loup. Une méconnaissance de ces deux espèces entre des amalgames, des confusions et des grandes théories qui ne s'appuient sur rien -et surtout pas sur une observation minutieuse du chien-. Dans cet article, nous allons parler du loup, du chien, de leurs différences et de leurs ressemblances pour essayer de déméler un peu tout ça.

Domestication

Remontons au commencement, à une époque où il n'y avait pas de chien et seulement des loups, des chacals, des renards, des dingos, ... Et un jour, il y eut des chiens. Comment sont-ils apparus ? Nous ne le savons pas exactement mais plusieurs idées existent.

La première, l'Homme aurait domestiqué le loup pour le faire devenir chien.
La seconde, le loup -ainsi que d'autres espèces de canidés- se serait auto-domestiqué pour devenir le chien.

Explorons un petit peu la première solution. Pour faire une nouvelle espèce, il faut procéder à une sélection très stricte qui va complètement changer l'apparence et le comportement de l'animal. Si nous avons l'impression que certains chiens ressemblent à des loups, leurs morphologies sont néanmoins plus différentes que l'on ne pourrait le croire. Taille de la tête par rapport au corps, le nombre de muscles faciaux, le comportement de prédation, la taille des pattes, le comportement juvénile, la distance de fuite ... Nous ne parlons pas des sélections qui ont été faites par la suite pour créer les différentes races. Le chien que nous comparons ici au loup est un chien primitif, comme le Chien de Canaan ou le Basenji ou encore le Cursinu. Donc nous avons des hommes, il y a 33.000 ans (plusieurs dates sont avancées) qui capturent des loups, un peu partout dans le monde et qui parviennent à les garder en captivité et à les sélectionner sur X générations. Outre les problèmes techniques importants que cela comporte (attaque, clôture, nourir les loups, les apprivoiser sur plusieurs générations ...), il faut se poser la question du "pourquoi" ? Pourquoi se donner autant de mal ? Ils pourraient avoir voulu domestiquer le loup pour en faire un chien de chasse ? La chasse est un facteur important de la vie de cette époque. Ou peut-être ont-il voulu des loups de protections contre les autres loups ? Mais alors pourquoi la taille de la tête se serait réduite ? Pour le chien chasse moins bien que le loup ? Si l'Homme a été capable de sélectionner le loup pour en faire un chien, pourquoi ce chien est-il un animal opportuniste, chassant avec une certaine difficulté et moins "puissant" qu'un loup ? Après le tour de force incroyable qu'est la domestication du loup, l'Homme aurait été incapable de sélectionner les bons traits physiques de son nouveau compagnon ? Et ceux dans plusieurs endroits de la planète...

L'absence de cohérence entre les différents buts possibles et le résultat, la durée de domestication (au moins plusieurs décennies suivant les données que nous avons depuis l'expérience sur les renards de Dmitri Beliaïev) par rapport à la durée de vie de l'Homme à l'époque et à la période où il pouvait s'approcher des loups sans risquer les attaques -lorsqu'il n'était pas enfant, adolescent, fatigué ou blessé, ...-, le nombre de loup à capturer pour effectuer une sélection (pour sélectionner un renard qui n'est pas peur de l'Homme, plusieurs milliers de renard ont été nécessaire), les difficultés techniques liées à la détention de ces animaux rendent cette théorie hasardeuse.

Heureusement, ce n'est pas la seule théorie qui est avancé, la seconde théorie est d'apparence fantaisiste mais observons la de plus près. Nous avions des loups et diverses espèces de canidés. Nous avions des Hommes qui commençait à s'installer, à se sédentarisé un peu de partout sur la planète. Ces hommes produisaient leurs tout premiers déchets, dont des déchets alimentaires. Le loup pouvait s'approcher des habitations pour voler les déchets en question. Une première sélection s'opère, seul les loups s'enfuyant moins rapidement pouvait s'approcher des déchets, proche des habitations et donc, des humains. Et lorsqu'ils fuyaient, ils dépensaient de l'énergie. Seul les loups fuyant moins loins avait un intérêt à revenir. La sélection de la distance de fuite peut donc se faire. Et concernant la taille de la tête ? Il est possible que ce soit dû aux déchets eux-même, pour fouiller entre les déchets, une petite tête est plus utile. Cela permet également d'expliquer la perte des capacités de chasse, puisque ce "nouveau loup" trouvait ses ressources en fouillant et non en chassant. A l'heure actuelle, nous pouvons savoir si une proie a été chassé par un chien ou un loup en fonction des endroits où l'animal a été mordu. Le loup mord pour immobiliser et pour tuer. Le chien mord pour attraper, il cause des souffrances inutiles à ses proies et est maladroit dans la mise à mort. De plus, l'Homme s'étant sédantarisé de partout dans le monde, cela explique les foyers de domestications multiples. Cela n'impose aucune contrainte techniques à l'Homme, si ce n'est celle de créer des déchêts, et le nombre de loup soumit à ces conditions est le plus élevé possible puisque c'est l'espèce entière qui subira la proximité de l'Homme par la suite.

Mais peu importe la façon dont il a été domestiqué. A présent, le chien et le loup sont deux espèces distinctes, avec des comportements différents.



Le loup et l'éducation

Etrangement, le loup a joué un rôle tristement important dans l'éducation et surtout à la réponse à cette question fondamentale : "Pourquoi le chien obéit ?". Les premières observations du loup ont révélé que le loup vit en meute et que les membres de la meute s'organisent en hiérarchie. A partir de cet instant, les observations faites sur le loup ont été appliqué au chien oubliant totalement qu'il s'agit de deux espèces différentes. Nous pourrions observer un autre canidé, pourquoi pas le chacal et appliquer son organisation social au chien de la même façon. Après tout, la communication orale est très importante chez le chacal et nos chiens aboient bien plus que les loups, alors pourquoi pas ? ... Il n'y a pas eut plus de logique à cet amalgame.

A la question, pourquoi le chien obéit, la réponse formulé a été qu'il obéissait par soumission. La première chose à faire pour éduquer son chien était donc de le faire se soumettre et à partir de là, tout un tas de mythe se sont formés. Ainsi pour soumettre son chien il faut :

- passer la porte le premier
- lui interdire tout lieu en hauteur
- lui interdire de dormir sur le lit, le canapé, ...
- manger avant lui
- se reproduire devant lui
- lui interdire une pièce
- lui mordre l'oreille
- le maintenir sur le dos
- ...

Pourquoi toutes ces règles ? Parce que dans la nature, "les loups font comme ça". Les informations que nous avons actuellement sur le loup nous permette d'affirmer que non, le loup ne suit pas la totalité de ces règles, certaines sont simplement fantaisistes. Ainsi il ne suffit pas à un loup de traverser un ruisseau avant son Alpha pour lui prendre sa place. Une meute gère son territoire ensemble, le couple Alpha ne va pas interdire un bout du territoire aux autres loups. De même qu'un loup ne maintiendra jamais un autre loup sur le dos, c'est une position spontanée qui sert à désarmorcer le conflit. On ne peut pas l'exiger.

Autant de points qui montrent que l'Homme ne connaissait pas bien le loup lorsque ces règles ont été crée, mais l'Homme connaissait encore moins bien le chien. Car le chien ne fonctionne pas comme le loup, qu'il s'agisse de territoire, de meute, de communication, ... Les observations qui ont été effectué sur le chien montre à quel point il est différent. Revenons-en à pourquoi le chien obéit ? Pour nous aider dans notre réflexion, il faut penser que le chien obéit souvent à la maison et bien moins souvnet à l'extérieur. Serait-il soumis dedans et dominant dehors ? Pourquoi un chien obéit alors qu'on applique aucune des règles cités au dessus ? Pourquoi le chien obéit alors qu'il est dans une position de supériorité (maitre couché sur le dos par exemple) ?

Cela est dû au fait que le chien est un animal opportuniste. Il fait les choses en fonction de ce que ça lui rapporte, en fonction de sa motivation et en fonction de ses habitudes. Ainsi certains réponses aux ordres si automatique que le chien va obéir sans réfléchir, sans être particulièrement motivé. C'est pour cela que dans un environnement peut distrayant, avec une récompense à la clef, le chien se concentrera et obéira puisqu'il n'a pas d'autres opportunités plus intéressante. A l'extérieur, le chien obéira si l'opportunité qu'on lui donne est plus intéressante que le reste.



Dominant, dominant et dominant

Parmis les nombreuses erreurs que nous avons faites, il y a ce terme "dominant" qui veux dire tout et rien à la fois. Nous entendons régulièrement parler de chien dominant, de mâle dominant et même de race dominante. Tout les individus de la race sont alors des dominants. Dans tout les cas, il n'y aucune indication de contexte ou de nuance. Pour mieux comprendre, revenons aux loups. Dans une meute, il y a le couple Alpha (un mâle et une femelle dominante) qui gère les affaires de la meute. Il y a les autres loups qui sont soumis et il peut y avoir un souffre-douleur. Quand est-il pour un loup solitaire ? Est-il dominant ? Soumis ? Les loups dominent ou se soumettent à d'autres loups. Pour le savoir il faudrait le mettre face à un autre loup, il faut un contexte.

Alors qu'est-ce qu'un dominant ? Un chien dominant est un chien qui a un moment donné, face à un autre chien, décide de prendre le contrôle de la situation. Mais cela s'arrête là, faire preuve de dominance à un moment X ne va pas le rendre dominant à vie, face à n'importe quel contexte.

On a également tendance à croire, à tord, que le dominant est celui qui se bat, qui grogne, qui ne supporte pas les autres, qui est agressif. Alors qu'un loup dominant va être celui qui gére les ressources, qui organise le territoire, qui organise les chasses, ... Chez le chien, ce comportement de dominant va apparaitre en fonction des situations sans qu'un chien ne devienne l'Alpha car le chien n'est pas un animal de meute, contrairement au loup.



Une meute, deux meutes, trois meutes

Le loup est un animal de meute. Le chien n'est pas un animal de meute.

Une meute est un groupe qui s'organise pour améliorer les conditions de vies des individus. Ainsi, la meute pourra chasser des proies plus grosses, élever des louveteaux, ... Mais s'il n'y a pas de proies suffisament grosses pour nécessité de chasser en groupe, s'il n'y a pas des conditions de vies favorables à la création de meute, les loups ne forment pas de meutes. Des conditions de vies favorisant la construction du groupe ... Le chien vit le plus souvent seul, parfois à deux ou à trois, dans des habitations humaines. Il ne chasse pas sa nourriture et c'est l'humain qui gère ses ressources. Ce ne sont vraiment pas des conditions où il y a un quelconque besoins de faire une meute.

En réalité, les observations chez les chiens sauvages et les rares études scientifiques sur le sujet révèlent que si on observe des comportements de dominances et de soumissions chez le chien, ils sont de l'ordre du "caractère" et qu'aucune hiérarchie n'est observée. Les chiens forment des petits groupes mobiles, qui ne gardent pas de territoire et dont les membres changent régulièrement. Ainsi un chien peut être observé avec un groupe la matin et un autre groupe l'après-midi en fonction des opportunités que celà lui offre. La reproduction n'est pas contrôlé contrairement à ce qui se fait dans les meutes de loups.



La chasse

Mais nous avons également vu plus haut que le chien n'est pas un très bon chasseur. En réalité, en terme de chasse, un monde sépare les loups des chiens.

- Taux de restes d'animaux domestiques dans les excrèments, plus important chez le chien. Les excrèments du loup contenaient 1/4 de restes d'animaux domestiques alors que ceux des chiens en contenaient un peu plus de 2/4.

- Discrétion et horraire des attaques, plus visible avec le chien. Lorsqu'un chien attaque un troupeau, il est repéré et peut être décrit dans 90% des cas (en moyenne) alors que le loup est un prédateur discret. On note également que les loups attaquent essentiellement la nuit, alors que les chiens attaquent à 75% de jour.

- Nombre de victimes dans les troupeaux, plus important chez le chien. Le loup tue pour se nourrir, il fait 1 à 2 victimes dans 49% des cas. On estime que les loups font en moyenne 2 à 3 victimes par attaque, contre 10 victimes environs pour les chiens.

- Mise à mort, plus maladroite chez le chien. Lorsqu'un loup attaque, il pourchasse sa proie. Il peut la blesser à l'arrière train pour la ralentir mais la mise à mort est rapide, elle s'effectue par une morsure à la gorge. Le chien n'est pas chasseur accompli, ses victimes décèdent souvent d'épuisement après avoir subit des morsures aux pattes, au ventre, à la tête, aux oreilles ...



- Céline Ouzilou - Comportementaliste Canin - n° Siret : 52315098500027 -
située près de Rennes (35)