Ce que j’ai découvert cette semaine

Après une semaine de vacances, me revoici. J’ai beaucoup hésité sur le sujet à traiter. Je voulais vous parler de la prévention morsure. J’ai commencé un article, j’en ai lu plusieurs dizaines et puis je me suis aperçue que ma grande peur de bâcler un bon sujet, un grand sujet était revenue. Je me suis donc retrouvée vendredi, incapable de finir l’article en cours et donc, sans sujet. Quelle reprise ! Nous voilà samedi soir, pâques approche, j’ai envie de manger du chocolat … Le chocolat et les chiens ? Mouais … Je vais plutôt repartir sur les bases du comportement : comportement acquis, comportement inné. Et peut-on les chiffrer ? Tout ça n’a rien d’une découverte, mais j’ai vu passer une actualité scientifique sur la transmission génétique des comportements acquis … On va fouiller sur ce sujet !


19/04/2014 : Comportement acquis, comportement inné

Lorsqu’on parle de comportement, on parle des actions effectuées par un individu. [1] Ces comportements peuvent être appris (exemple : s’asseoir sur commande) et nous parlons alors de comportement acquis. Mais il y a aussi des comportements innés, le chiot né avec un certain panel de comportements. [2]

En terme de reproduction, la sélection des parents est donc très importante … A la fois, parce qu’ils transmettent une part de leurs comportements et parce que la mère apprend à ses petits les premiers comportements acquis. Une mère immature, stressée, contrainte lors de la reproduction, [...] peut ne pas fournir une éducation correcte à ses chiots et leurs “transmettre” de véritables troubles du comportement.

Néanmoins, il est un peu inexacte d’opposer les comportements acquis aux comportements innés. L’apprentissage peut faire évoluer ces comportements innés. L’un de ces comportements évoluant par l’apprentissage le plus souvent cités est la prédation chez le crapaud. Un crapaud mange ce qui bouge. Si ça ne bouge pas, ça ne se mange pas. Tout ceci est inné. Si l’on agite un bout de papier devant un crapaud et qu’il a faim, il chasse le bout de papier. Mais le papier ne se mange pas et à force, par l’expérience, le crapaud apprend à le différencier et à ne plus y réagir. [4]

Mais les scientifiques ont également découvert qu’un comportement appris peut-être transmit génétiquement. [3][8] Des souris soumises au stress ont perdu leur crainte naturelle des espaces ouverts et de la lumière. Leurs descendances présentent le même comportement, sans vivre dans un environnement stressant et sans apprentissage particulier.

On pourrait noter parmi ces évolutions du comportement grâce à l’hérédité l’apprivoisement d’une espèce. Un véritable article pourrait être consacré à l’évolution des renards de Beliaïev mais pour faire bref : en sélectionnant durant des années les renards les plus amicaux, au fil des générations le comportement des renards à évoluer de façon spectaculaire. Au lieu de se jeter sur les grilles en cherchant à fuir la main humaine, ils cherchaient le contact. [5][6]

Par l’environnement et l’apprentissage, les comportements évoluent… Peut-on chiffrer la part d’acquis et la part d’inné ? Personnellement, j’ai beaucoup de mal à y croire … pour une raison toute bête : l’animal né avec des comportements innés, cette “quantité” n’évolue pas. Les apprentissages peuvent se dérouler tout au long de la vie … La “quantité” de comportement acquis n’est pas fixe. Elle ne peut pas l’être, de chaque expérience peut naître un apprentissage. En général, on dit que le comportement serait composé de 20% d’inné et de 80% d’acquis.[7] Je reste donc relativement dubitative, mais surtout, au delà du débat de mot, du débat de définition, les applications autour de cette “règle” sont relativement pauvres. Pour moi, cela se limite quasiment à une seule idée : peut-on travailler sur un comportement que l’on estime inné, génétique, héréditaire ? Au risque de passer pour une terrible optimiste, voici mon opinion : la maîtrise de l’environnement permet de faire des progrès dans beaucoup de domaine très différent. Seul l’imagination et le temps nous limitent … Du temps, de l’imagination et beaucoup de volonté peuvent permettre de faire des choses étonnantes. Je refuse de croire en une impossibilité d’évolution. Après tout, pour la survie d’une espèce, les apprentissages, les évolutions, les adaptations doivent être possible …

Cet optimisme a tendance à se ressentir sur ma façon d’aborder les chiens. Je travaille le rappel avec Fenris, notre Nordique. Nous faisons un certain nombre de nos ballades en liberté. Attention, cela ne veut pas dire que nous ne faisons pas particulièrement attention à l’environnement et que nous n’essayons pas d’anticiper toute les situations à risques, seulement que l’apprentissage est possible. On travaille toujours, pas tant contre son caractère, ses besoins ou ses aptitudes, mais autour de ces différentes données …


Fenris en liberté


Pour conclure, il peut être très amusant de décortiquer les comportements pour trouver la part d’inné et la part d’acquis. Chercher à comprendre un comportement et d’où il vient, ne peut être que positif, à condition bien-sûr de ne pas s’avouer vaincu et d’abandonner l’idée de tout espoir d’évolution.


Les liens :

[1] Wikipedia - Comportement
[2] Zen mon chien - L'inné & l'acquis
[3] Sciences et avenir - Les traumatismes se transmettent de génération en génération
[4] Etho-logique - la part inné-acquis dans les comportements
[5] Gurumed - PLESMC
[6] Ruvr - Le secret de l'apprivoisement des animaux
[7] Aux 4 pattes - Choisir les reproducteurs en fonction de leurs caractères
[8] Sciences et avenir - La mémoire du danger transmise à la descendance chez les souris
- Céline Ouzilou - Comportementaliste Canin - n° Siret : 52315098500027 -
située près de Rennes (35)